L’histoire du Club Nautique de Sainte-Maxime

Les premiers statuts du Club Nautique de Sainte-Maxime ont été déposés le 10 juin 1937 par Eugène Lubert.

La période de guerre pendant laquelle les allemands interdisaient toute navigation sur le Golfe, y compris pour les pêcheurs, a anéanti toute activité pendant de longues années.

Après guerre, le Comte de Germond et Albert Hagege relancent une activité dont l’essentiel réside principalement dans l’organisation d’une régate annuelle pour toutes les séries de dériveurs le 15 août.

Le 13 mars 1967 lors d’une assemblée générale extraordinaire, Paul Bausset, Philippe Lubert, Claude Henri, Michel Roche obtiennent du Comte de Germont l’autorisation de créer une section école de voile. Les statuts d’alors la prévoient autonome, avec un bureau et un mode de financement qui lui sont propres. Un Vaurien, un Ponant , et une Caravelle constituent le parc matériel.

L’école de voile est officiellement homologuée par le conseil de direction de la FFYV le 13 février 1968. Au mois d’avril de cette même année, le club achète deux abris de jardin démontables en bois : un pour le gardien du ponton du club, un pour abriter l’école de voile. Fin 1968, Paul Bausset est élu président. Les nouveaux statuts intègrent entièrement la section école de voile dans le club.

L’été 1969 l’école de voile déménage pour être installée durant la saison estivale sur la plage de la Croisette, dans une grande caisse de déménagement donnée par Claude Henri. André Lalot est le chef de cette base estivale. Pour cette première saison les stages durent 10 jours et peuvent accueillir  7 stagiaires.

L’hiver, l’école retrouve son emplacement au bord du port. Elle est encadrée par Gérard Liger. Son parc de bateaux s’agrandit à peine.

La première équipe de régatiers, Jean-Paul Bausset, Michel Clément, Michel et Pierre Canet, Yvon Rampi, Jean Villeneuve, Jean-Pierre et Yves Ouvrard, emporte pour le club la plupart des régates auquelles ils participent alors sur Ponant.

L’hiver 69-70 marque une véritable étape dans le développement du club et de la voile à Sainte-Maxime. Durant cette période l’équipe de bénévoles passionnés autour de Paul Bausset se retrouve régulièrement dans son garage et, sous la direction de Mr Dromard ingénieur des Arts & Métiers, l’équipe découpe et assemble des planches de contreplaqué marine pour donner naissance à 12 Optimist.

L’arrivée de Jean-Louis Moner, conseiller pédagogique cantonal, amènera un essor considérable. En établissant une convention avec l’école, le club permettra aux jeunes écoliers maximois d’être initiés à la voile. Il verra alors ses effectifs décoller et son activité entrer dans une autre dimension.

D’une activité peu intense, presqu’exclusivement pratiquée en été, le club passe à une activité régulière toute l’année, et encourage la pratique de la compétition. Il engage son premier entraîneur, Jean-Pierre Annibal. L’activité devient telle que rapidement un deuxième zodiac est nécessaire. Jean-Pierre Annibal reçoit le concours bénévole de Bill Decourt pour encadrer les jeunes sur l’eau, puis un deuxième moniteur, Gérard Olivier est engagé.

Paralèllement, une section motonautisme est créée, animée par les frères Portal, Pujol, Esposito et Philippe Lubert qui deviendra Président de la ligue. L’été une course d’endurance d’une heure est organisée annuellement par le Club Nautique.

L’élection d’un nouveau Maire, Aymeric Simon-Lorrière marquera une nouvelle étape. Fraîchement élu, il nourrit de grandes ambitions touristiques pour la ville et fait entreprendre de grands travaux de transformation: promenade, plage, et nouveau port dont la jetée accueillera bientôt  une nouvelle section du club.

Pendant les travaux le club continue de développer ses activités, et au gré de l’avancement du chantier, la petite baraque en bois est déplacée de point en point jusqu’à ne plus pouvoir tenir debout.

L’activité est toujours déplacée l’été sur la base de La Croisette. En outre, pendant deux saisons, en 1973 et 1974, une base d’été sera aussi installée sur la plage de La Nartelle. Gérard Olivier en sera le chef de base.

L’hiver l’activité trouve à présent refuge dans un local qui lui est prêté sous le Casino: cet hébergement sera, jusqu’en 1976 le premier local en dur du club.

Peu à peu, le parc d’Optimist s’est considérablement étoffé. Certains samedis ce sont près de 30 gamins qui sont sur l’eau, obligeant Jean-Pierre, Bill et Gérard à partager le groupe en « deux bordées ». Après de bons services, les Vaurien et autre Ponant sont dépassés par une nouvelle génération de dériveurs et le club s’équipe de 420, tandis que la première génération d' »anciens coureurs » sur Optimist entreprend la fabrication de 4 Moth Europe.

Cet essor considérable amène au club et à sa ville de grandes satisfactions sportives : en 1973 un barreur du club, Robert Moner est qualifié pour le Championnat du Monde Optimist. Mais les événement politiques en Rhodésie conduisent à annuler ce championnat. Ce n’est que partie remise puisqu’en 1974 Robert Moner et son camarade de club Eric Bontemps sont parmi les 10 membres d’une équipe de France d’Optimist pour le championnat du monde qui a lieu à Saint-Moritz (Suisse). En signant une entrée mondiale à la 34è place, Robert amènera une forte émulation au sein d’une large équipe de compétiteurs. Il aura ouvert la voie à une longue liste d’internationaux que le club formera au fil du temps. En 1975 et 1976, deux barreurs maximois sont parmi les 5 membres de l’équipe de France d’Optimist. En assemblée générale, et en présence du Maire, cela fait dire à Paul Bausset que le cnsm fournit 40% de cette équipe de France !

Dans cette période, et jusqu’au début des années 80, le club s’installe dans la tête du classement national des clubs en dériveur, devenant même Champion de France des clubs au terme d’une saison exceptionnelle en 1978.

Mais après la livraison du nouveau port, l’attribution de lots pour la concession des plages et une nouvelle direction du Casino empêchent le retour sur la plage du centre ville. Un nouveau baraquement en bois est alors installé à la sortie ouest de la ville, face à la station service.

La mise en service du nouveau port permettra au club de connaître une nouvelle orientation.

Le club se voit en effet attribuer la gestion de la jetée ouest pour l’amarrage de bateaux. Une section habitable est alors créée, animée par Claude Barbier-Bouvet, Christian Block, René Thévenon. Des sorties et la participation à quelques régates locales sont réalisées. L’arrivée de Paul Callard dynamise cette section. Le 4 avril 1976 le club organise sa première régate d’habitables. Sous la houlette de Jean Portal, une section pêche au gros est créée.

En 1977, le baraquement en bois est remplacé par un préfabriqué en dur. Pour la première fois le club a un bâtiment avec des vestiaires, sanitaires, et douches !

Le milieu des années 80 voit arriver les catamarans. Rapidement les membres du club prennent la mesure de ce support et figurent au palmarès national et international. Hormis la formation sur optimist, le club délaisse peu à peu la filière dériveur et le club glisse peu à peu dans les classements. A l’inverse, la dynamique et l’émulation lui permettent de s’installer en première division du classement national des clubs en catamaran.

A la fin de l’été 90, le bâtiment de l’école de voile est détruit, les activités du club rapatriées au port dans… des algecos: la ville a enfin décidé de s’offrir une structure digne de l’activité et des résultats du club.

Dessinée par un architecte Maximois, Georges Gire, la nouvelle base nautique est inaugurée le 19 mai 1995. Elle sera baptisée au nom de Paul Bausset en juillet 2007.

L’année 2008 écrit une belle page de l’histoire du club. Depuis 1978, plusieurs de ses membres avaient participé à des campagnes de sélection pour les Jeux Olympiques, approchant parfois de près la sélection. Jean-Christophe et Philippe Mourniac l’avaient frôlée sur le catamaran Tornado et avaient été désignés suppléants en 1996 pour les J.O d’Atlanta.

Le 05 février 2008 un communiqué de presse de la Fédération Française de Voile l’a officialisé : pour la première fois, un membre du club est qualifié pour les Jeux Olympiques. Pour le club l’histoire est belle et symbolique car l’heureux athlète, Olivier, porte le nom de son grand-père fondateur de l’école de voile : Bausset.

Olivier ne sera pas le seul à aller à Qingdao en Chine: le 27 mars 2008, le comité de sélection de la FFV désigne Jean-Baptiste Bernaz pour représenter la France en Laser.

Et les résultats sont prompts à enorgueillir toute une ville :

En 470 Messieurs, l’équipage composé de Nicolas Charbonnier (YC Antibes) et Olivier Bausset obtient la médaille de bronze.

En Laser, Jean-Baptiste Bernaz termine à la 8è place.

Dans un domaine particulier de la voile, le CNSM voit un des siens, Jérémie Lagarrigue inscrire son nom dans un palmarès.

Le dimanche 8 novembre 2009, à Hyères, L’Hydroptère passe la barre des 50 nœuds sur le mille marin, avec un record à 50,17 nœuds.

L’olympiade de 2012 pour les J.O de Londres apporte une nouvelle satisfaction au CNSM :

Au terme d’un long chemin de travail dirigé par son entraîneur Lionel Pellegrino, Jean-Baptiste Bernaz remporte à nouveau la sélection pour représenter la France en Laser aux J.O.